4 mai 2018

Inspiring the New Generation : retour sur notre événement à Station F

Le 3 mai 2018, nous avons fait salle comble dans l’amphithéâtre de Station F, le plus grand campus de startups du monde. Notre objectif était de fournir des clés de compréhension de la nouvelle génération aux 350 professionnels présents : comment l’attirer, comment la fidéliser, comment l’accompagner dans un monde de l’entreprise en évolution constante ?

Au programme pour répondre à cette vaste question : deux tables rondes, deux keynotes et des discussions passionnantes entre experts du recrutement et des ressources humaines. Que fallait-il retenir de cette journée ?

La “nouvelle génération”, qu’est-ce que c’est ?

Roxanne Varza, directrice de Station F, inaugure l’événement

La nouvelle génération, ce sont ces jeunes qui arrivent aujourd’hui dans le monde du travail. JobTeaser a interrogé 1368 de ces étudiants et jeunes diplômés pour comprendre quels critères comptaient pour eux dans la recherche d’un emploi.

Ces jeunes talents ont des attentes communes, quel que soit leur profil ou leurs aspirations professionnelles. “Entre les jeunes qui veulent démarrer en grande entreprise et les autres, les critères [de choix d’une entreprise] étaient exactement les mêmes, à quelques dixièmes de points près”, constate Célia Galas, Chief Marketing Officer de JobTeaser. Retrouvez les top et les flops de leurs critères de choix dans les résultats détaillés de notre étude.

D’autres participants de l’évènement insistent sur le peu de différence entre les générations. Pour Benoît Lebreau, community manager chez Topito, “le jeune d’il y a 10 ans, pour nous, n’est pas fondamentalement différent d’aujourd’hui”. Il est rejoint en cela par Guillaume Saintagne, Talent Acquisition & Employer Branding Manager chez Ubisoft : pour lui, il n’y a pas de différences d’aspirations entre les générations, mais les jeunes talents ont aujourd’hui la possibilité de formuler ces attentes, quand leurs aînés devaient se plier aux codes de l’entreprise.

D’après Elodie Roueil, DRH de Bpifrance, la nouvelle génération vit dans un “test & learn” constant : si le binôme employé-entreprise ne prend pas, l’employé partira. Elle constate donc que les employés partent beaucoup plus vite d’une entreprise, d’où un onboarding très long et fouillé. Ils sont également beaucoup plus faciles à recruter rapidement.

Génération Switcheurs : nomades au besoin

« Ça restera un travail et si ça ne me plaît pas, et bien je partirai ! » C’est ainsi que Károly, étudiant en école de commerce, résume la façon de penser de toute une génération.

65 % des jeunes actifs ne se voient pas dans leur structure actuelle d’ici deux ans, un chiffre qui grimpe à 75 % au sein des grandes entreprises, d’après l’étude Purpose Generation.

Le sujet de la mobilité d’une entreprise à l’autre était régulièrement évoqué au cours de l’événement. C’est Clara Deletraz, co-fondatrice de Switch Collective, qui en a le plus parlé, au cours de sa keynote “Génération Switcheurs”.

Clara Deletraz, co-fondatrice de Switch Collective, présente la “Génération Switcheurs”

91 % des salariés français se disent désengagés de leur travail, et 69 % des jeunes de 25 à 33 ans vivent une “crise des 25 ans” comparable avec la très célèbre crise de la quarantaine. “Dans ce contexte, redonner du sens au travail est devenu une mission d’utilité publique”, commente Clara Deletraz, dont l’entreprise vise à fournir des bilans de compétences revus à l’ère du digital pour aider les professionnels à redéfinir leur carrière. Sur plus de 1500 participants au programme, 60 % d’entre eux avaient entre 25 et 35 ans.

Mais alors, comment garder des salariés au sein d’une entreprise, s’ils se remettent tant en question ? En donnant du sens à leur travail, répondent à l’unanimité tous les invités de l’événement.

Purpose Generation : des jeunes talents en quête de sens

Les jeunes talents veulent-ils tous travailler dans des entreprises multinationales au nom bien établi ?

« C’est bien évidemment faux », assène Célia Galas, qui s’appuie toujours sur l’étude Purpose Generation. Selon ces recherches, à peine plus de la moitié (59 %) des jeunes talents compte démarrer sa carrière ou l’a démarrée dans une grande entreprise.

Plus que la confiance en l’avenir de l’entreprise, qui reste un critère important de choix, c’est la quête de sens qui prime. On retrouve ce constat dans toutes les discussions de l’événement.

Joséphine Bouchez, co-fondatrice de Ticket for Change, l’explique en une phrase : “l’enjeu, c’est de savoir comment trouver sa place et être utile là où on est”. Jean-Charles Varlet, CEO de Crème de la Crème, enfonce le clou : “on veut être porteurs de sens. C’est par le travail que tu te réalises, que tu crées des choses autour de toi.”

La deuxième table ronde de la matinée, sur l’onboarding et la formation continue des jeunes talents. De gauche à droite : Maxime Liebens, JobTeaser (modérateur) ; Guillaume Saintagne, Ubisoft ; Carole Mergen, IBM France ; Elodie Roueil, Bpifrance.

Les jeunes talents veulent aussi être dans une dynamique d’apprentissage constant, un besoin bien intégré par les entreprises innovantes. Carole Mergen, directrice du recrutement d’IBM France, évoque par exemple un programme d’onboarding étalé sur deux ans pour les nouveaux salariés et sur l’ensemble de la durée de chaque stage ou apprentissage depuis 2017, ainsi que des modules d’e-learning accessibles en ligne pour pouvoir se former en continu.

Chez Bpifrance, l’accent est mis sur l’apprentissage des métiers de cette entreprise à partir des connaissances techniques acquises pendant les études. Les stagiaires, qui ne sont présents que six mois, bénéficient d’un programme d’accueil très dense. Tous les nouveaux travaillent, enfin, sur un projet d’usine au choix : par exemple, une chaîne de production d’une entreprise fictive qui utilise des outils innovants.

Freedom Generation : la flexibilité avant tout

Roxanne Varza, directrice de Station F, était la première à le dire lors de son discours d’ouverture de la matinée : “les gens qui travaillent en startup ressentent une liberté qu’on ne voit pas forcément ailleurs”. Cette liberté passe par exemple par des horaires très flexibles. Station F est ouvert à toute heure du jour ou de la nuit, et accueille régulièrement des personnes qui préfèrent travailler le soir ou le week-end, dormant parfois même sur place.

Ce besoin de flexibilité, on le retrouve dans l’étude Purpose Generation. Nous avons observé que le volume d’heures passées au travail fait partie des critères les moins importants dans le choix d’un emploi. Par contre, si les jeunes talents passent beaucoup d’heures à travailler, alors l’entreprise doit en échange les laisser travailler où ils veulent et aux horaires qui leur conviennent.

« On a une génération prête à faire preuve d’ambition et d’engagement, mais qui exige qu’en retour, on fasse preuve de transparence et on communique avec elle », résume Célia Galas.

Quelques conclusions

« Un événement comme celui-ci, c’est super important pour sensibiliser les décideurs à la nouvelle génération et à ses attentes, démystifier les besoins de la nouvelle génération et comprendre au mieux possible le monde de demain. »

C’est sur ces mots que Joséphine Bouchez nous quitte à la fin de la matinée, alors que les conversations se tarissent et que les participants quittent le hall du déjeuner. 350 professionnels du recrutement et des ressources humaines retournent au bureau, avec des nouvelles clés de compréhension de la nouvelle génération.

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez télécharger gratuitement les résultats détaillés de l’étude Purpose Generation, conduite sur 1368 jeunes talents français de 18 à 35 ans. Elle est émaillée d’exemples d’entreprises qui ont su prendre des initiatives pour le recrutement et la fidélisation de leurs jeunes talents.

Publié par
Lexane Sirac
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