14 décembre 2018

[Décryptage] : Comprendre les compétences du 21ème siècle

Face à la transformation profonde de notre société et nos manières d’appréhender le monde du travail, nos définitions de la compétence, de la performance ou encore de l’intelligence doivent évoluer. C’est le constat de Jérémy Lamri, qui en a fait le sujet de sa recherche et de son dernier livre, « Les compétences du 21ème siècle».

Pourquoi parler de compétences du 21ème siècle ?

🌍 Le monde évolue plus vite que jamais

Les transformations sociétales, économiques, politiques et technologiques des dernières années ont bouleversé nos cadres de référence. La mondialisation, l’économie collaborative, les évolutions environnementales et le développement des technologies algorithmiques ne sont que quelques exemples de changements qui ont profondément impacté notre société et le monde du travail.

Certains appréhendent ces changements d’un oeil noir, craignant l’ubérisation, la déshumanisation du travail ou encore le manque de séparation entre vie professionnelle et vie personnelle. D’autres sont plutôt optimistes, annonçant de nouvelles formes d’emploi et d’organisation qui permettront aux individus de s’épanouir dans leur quotidien.

D’un côté ou de l’autre se pose la question des compétences requises pour faire face à ce nouveau monde.

🤹🏾 La notion de « compétence» reste floue

Jusqu’aux années 70, la notion de « compétence » était interprétée comme synonyme de « qualification ». Or, toutes les compétences ne sont pas techniques, et certaines (les fameux « soft skills » !) peuvent être difficiles à évaluer. De plus, une personne « qualifiée » n’est pas forcément compétente sans les outils, la volonté et la possibilité de mettre en oeuvre ce qu’elle sait faire.

" « On parle d’un monde volatile, incertain, complexe et ambigu : toutes les règles changent et il est difficile de fixer ces notions dans l’absolu. La performance et le résultat sont des notions très importantes en management, et doivent aussi évoluer. » "

Jérémy Lamri
🏢 L’entreprise elle-même se remet en question

C’est d’autant plus vrai que l’entreprise elle-même remet en question sa raison d’être. Nous sommes à l’ère de la « double bottom line », où l’impact sociétal d’une entreprise devient primordial et le développement du capital humain prend toute son importance. Bien plus que des collaborateurs simplement « qualifiés », l’entreprise cherche des personnes capables de réaliser ces ambitions, ainsi que de s’adapter constamment à la vitesse du changement.

Quelles sont-elles, ces fameuses compétences du 21ème siècle ?

Les modèles des compétences du 21ème siècle ont émergé aux Etats-Unis dans les années 2000, et l’OCDE s’en est emparé en 2008. Toujours peu connues en France, ces compétences peuvent se résumer aux quatre « C » : La créativité, la coopération, la communication et l’esprit Critique. En bref, en voici les définitions selon Jérémy Lamri :

🎨 La créativité

L’originalité, l’inventivité et la capacité de considérer l’échec comme une opportunité d’amélioration.

🤝 La coopération

La conscience d’objectifs communs et une motivation intrinsèque envers ceux-ci.

💬 La communication

L’empathie, l’adaptabilité sociale et la capacité à transmettre et recevoir des feedbacks.

🤔L’esprit critique

Les capacités d’observation, d’analyse et de synthèse des éléments pertinents.

Comprendre ces quatre compétences permet de combattre certains mythes qui sont souvent associés au monde de demain :

Mythe # 1 On va tous être remplacés par des robots

En 2013, des chercheurs de l’université d’Oxford publiaient une étude démontrant que 47% des métiers aux Etats-Unis présenteraient un risque d’automatisation d’ici 2030. Mais en 2016, une étude de l’OCDE présentait un risque de disparition pour seulement 9% des métiers, sur l’ensemble des pays de l’OCDE ! Pourquoi cette disparité ? En réalité, ce sont les tâches qui sont automatisées et non les métiers. Un métier est composé de plusieurs tâches : ainsi, ceux-ci évoluent au fur et à mesure que certaines des tâches sont automatisées.

Mythe # 2 On ne va plus rien apprendre  

C’est le leitmotiv des baby-boomers : la nouvelle génération de « digital natives » n’apprendra-t-elle aucune date, aucun poème, aucun fait historique ? Comment travailler la mémoire dans un monde où les jeunes ont toutes les connaissances au bout des doigts ? Selon Jérémy Lamri, il vaut mieux travailler la capacité à mieux percevoir et cultiver la curiosité plutôt que de travailler la mémoire. Une personne curieuse retiendra ce qui l’intéresse et à l’inverse, une personne sans mémoire est souvent peu motivée. Cependant, il est vrai que le 21ème siècle signifie pour beaucoup d’experts le retour des humanités : la philosophie, l’histoire ou la littérature sont des matières qui développent la créativité, l’esprit critique et l’ouverture aux autres.

Quel rôle des entreprises pour accompagner la nouvelle génération ?

Il y a plusieurs manières dont les entreprises peuvent se positionner pour accompagner la transformation de notre société :

En interne, permettre la formation tout au long de sa vie

Selon Philippe Burger, Associé responsable, Deloitte Human Capital, la durée de vie d’une compétence (autrefois d’une trentaine d’années) se limite aujourd’hui à 4,5 ans, voire deux à deux ans et demi pour certaines. D’où l’importance de l’agilité des collaborateurs à constamment monter en compétences, et de la volonté des entreprises à accompagner cette formation en continu.

A l’externe, aller bien au-delà du monde de l’entreprise

Selon Dominique Laurent, DRH de Schneider Electric, si une entreprise doit être capable de travailler sur la compétence en interne, elle doit aussi être capable de se positionner par rapport au pool de candidats.  Cela peut prendre plusieurs formes, dont conseiller les universités, aller à la rencontre de jeunes, ou proposer des formations ouvertes même aux externes.

A terme, devenir acteur du parcours étudiant

Les entreprises peuvent aider les universités à savoir de quelles compétences l’étudiant va avoir besoin dans le monde de l’entreprise, et ainsi combler le fameux « skills gap ».

" « On dit aux jeunes que 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore (Dell Technologies, 2017). On estime que les jeunes doivent se préparer au futur du travail et que l’entreprise doit les aider à y parvenir. Pour nous, c’est un travail qui doit être effectué main dans la main avec les étudiants, les entreprises et les universités. C’est pourquoi chez JobTeaser nous avons défini un parcours en trois grandes étapes pour accompagner les jeunes : apprendre à se connaître, découvrir les métiers et choisir son parcours. » "

Adrien Ledoux

Pour faire face en toute confiance à ce monde en perpétuelle mutation et aider la nouvelle génération à développer les compétences qui lui permettront de s’épanouir, JobTeaser crée aujourd’hui l’écosystème qui nous permettra de faire des choix déterminants pour la société de demain.

Le 4 décembre, nous lancions le livre de Jérémy en partenariat avec le Lab RH et Deloitte. Retrouvez ici le replay de cette matinée.

Publié par
Jérémy Lamri & Sara Chatterjee
Partager

Articles suivants

[Interview] La Mission Handicap, levier de diversité des jeunes talents en entreprise

Nous discutons avec la Société Générale et Wavestone de la manière dont elles recrutent et intègrent les personnes en situation de handicap à leurs équipes opérationnelles.

Sara Chatterjee
3 novembre 2018
Lire
3 étapes pour améliorer votre expérience candidat auprès des Millennials

Suite à notre webinar “Boostez votre expérience candidat pour les Millennials ! ”, retrouvez ici l’ensemble des recommandations de nos intervenants.

Sara Chatterjee
25 octobre 2018
Lire
Comment recruter, onboarder et fidéliser vos jeunes commerciaux

Maxime Liebens, le roi du "blitzscaling" et VP Sales chez JobTeaser, vous livre ses secrets pour sourcer et former des jeunes commerciaux.

Maxime Liebens
9 octobre 2018
Lire