3 septembre 2019

Partie 1 : L'impact de la transition numérique sur les métiers : les faits, les tendances et l'avenir

Cet article est le premier d'une série en trois parties issue de la keynote d'Andreas Schleicher, Directeur de l'éducation et des compétences de l'OCDE, au Career Services Day 2019 de JobTeaser. 

À moins d'avoir évité Internet ces derniers temps, vous avez probablement entendu dire que  jusqu'à 85% des métiers qui existeront en 2030 n'ont pas encore été inventés. Pour prêter encore plus à confusion, certaines théories alarmistes suggèrent que nous pourrions automatiser 50 % des activités professionnelles actuelles du monde. Même si c'est fortement improbable, il y a une part de vérité là-dedans. La technologie change le monde du travail de façon assez spectaculaire. Tout cela soulève naturellement la question suivante : comment préparer et former les jeunes pour un monde dont nous ne connaissons presque rien ?

Si ce problème est source d'angoisse pour vous, vous n'êtes pas seul(e). Vous pouvez peut-être trouver un certain réconfort dans l’idée que ce que nous traversons aujourd'hui n'est ni imprévisible, ni sans précédent. Pas besoin de remonter au-delà d’il y’a deux siècles pour observer une situation similaire. La Révolution industrielle et les avancées technologiques qu'elle a engendrées se sont produites si vite que l'éducation n'a tout simplement pas pu suivre.

De nos jours, nous sommes au bord d'un même gouffre : dans sa course contre la technologie, l'éducation est en train de s'essouffler rapidement. La question qui se pose est donc : quelles compétences devons-nous enseigner à la nouvelle génération pour suivre l'évolution de la technologie et comment faire ?

Pendant le Career Services Day 2019, nous avons demandé au grand spécialiste de l'éducation Andreas Schleicher, Directeur de l'éducation et des compétences de l'OCDE, de replacer cette révolution numérique dans son contexte et de nous faire comprendre tous les changements que nous vivons aujourd'hui.

Nous exposons ses prédictions dans un article en trois parties sur notre blog. Dans la première partie, nous décrivons les tendances, et les faits incontestables liés à la transition numérique, dans des termes faciles à comprendre pour vous donner une meilleure idée de ce qui est en jeu. Dans la deuxième partie, nous parlons des trois compétences qui aideront la nouvelle génération à se frayer un chemin dans le monde de plus en plus complexe d'aujourd'hui et de demain. Dans la troisième partie, nous examinons l'avenir de l'apprentissage en continu comme la compétence qui nous permettra de réussir et de nous épanouir dans le monde de demain.

Sans plus attendre, voici ce que l'avenir du travail nous réserve.  

Pour commencer à répondre à la question sur la meilleure façon de préparer les jeunes, nous devons d'abord déterminer quelles forces jouent un rôle moteur dans l'évolution du travail. Selon Andreas Schleicher, « la manière dont nous pouvons préparer les jeunes pour l'avenir est liée à la manière dont nous pouvons anticiper l'évolution de la demande de travail ». L'une des plus importantes forces affectant cette évolution est la transition numérique.

Les effets de la transition numérique sur l'employabilité : les emplois qui deviendront inutiles et les compétences qui résisteront à l'épreuve du temps
Les métiers manuels répétitifs ont disparu dans les années 70 et 80. Les suivants sur la liste, selon Andreas Schleicher, sont les tâches cognitives répétitives, celles qui reproduisent simplement le sujet. Si l'on examine la chaîne de valeur globale, les activités comme la production, l'assemblage et la logistique sont très susceptibles d'être remplacées par des machines. Dans le domaine de l'éducation, les choses faciles à enseigner et à tester seront également faciles à automatiser.

D'autre part, toutes les tâches impliquant la capacité à résoudre les problèmes de manière créative, mettre en application des connaissances et extrapoler à partir de connaissances déjà acquises ne sont pas près de disparaître.

Plus intéressant encore : les compétences interpersonnelles, sociales et émotionnelles, prennent de l'importance et de la valeur. « Je pense que nous avons clairement sous-estimé leur importance », reconnaît Andreas Schleicher. Notre capacité à collaborer, à créer des liens et à nous concurrencer est essentielle pour s'épanouir à l'ère de la révolution numérique.

Sommes-nous bien préparés pour la révolution numérique ?

Une étude de l'OCDE, testant la capacité des adultes âgés de 55-65 ans à utiliser la technologie pour résoudre des problèmes, a révélé que 90 % d’entre eux ne sont pas bien équipés pour le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.

Parmi les jeunes (16-20 ans), la situation est meilleure mais pas parfaite. Un jeune sur deux ne serait pas bien armé pour utiliser la technologie afin d'affronter les défis d'aujourd'hui. Même dans le pays le mieux équipé, Singapour, un tiers des jeunes ne sont pas bien armés pour le monde dans lequel nous vivons.

Que faire pour mieux préparer les jeunes pour la révolution numérique ?
Selon Andreas Schleicher, il existe trois choses à faire pour s'assurer que nos jeunes sont prêts pour l'avenir :

 1.     Apprendre un état d'esprit, plutôt que des faits 

La vérité est que ce qui peut facilement être enseigné peut facilement être remplacé par des machines. Nous ne devrions pas enseigner aux étudiants des contenus mais plutôt une compréhension épistémologique du monde, soutient Andreas Schleicher. Par exemple, au lieu de donner des informations aux étudiants sur la chimie et la physique, nous devrions leur apprendre à penser comme des scientifiques, à concevoir des expériences et à distinguer les preuves vérifiables scientifiquement de celles qui ne le sont pas. En d'autres termes : « Si vous n'arrivez pas à penser comme un scientifique, un historien ou un philosophe, vous ne pouvez pas comprendre Google », a déclaré Andreas Schleicher.

 2. Apprendre des compétences sociales et émotionnelles 

Les compétences cognitives, la créativité et l'esprit critique sont très importants mais ne suffisent pas. Les compétences sociales et émotionnelles sont également cruciales. « L'innovation n'est pas seulement une question de créativité, en réalité ce n'en est qu'une infime partie. L'innovation est liée à la persévérance, à la capacité à organiser vos idées, à la capacité à travailler avec des personnes qui pensent différemment », selon Andreas Schleicher.

C'est là que la valeur ajoutée des stages, de l'enseignement et de la formation professionnels entre en jeu. La formation académique seule ne permet pas aux étudiants de travailler avec de vraies personnes sur de vrais problèmes avec de vraies conséquences. Dans sa keynote, Andreas Schleicher a souligné l'importance de la formation par le travail et a encouragé plus d'universités et d'entreprises à adopter cette approche pratique de l'éducation. 

3. Apprendre les bons comportements et les bonnes valeurs 

Bien qu’il y’ait un débat sur à qui revient la tâche d'inculquer ces valeurs et quelles valeurs sont importantes, selon Andreas Schleicher, « nous disposons d'excellentes données permettant d’affirmer que, dans le monde actuel, le succès ne repose plus seulement sur le fait d’apprendre ou de connaître quelque chose, mais sur le fait d’avoir une boussole interne fiable et les compétences nécessaires pour vous frayer un chemin dans un monde de plus en plus complexe et changeant ».

Être compétent à l'ère de la révolution numérique signifie avoir les capacités et les compétences pour mobiliser les ressources sociales, émotionnelles et cognitives dans un contexte donné.

Ce qui nous amène à la question suivante :Quelles futures compétences permettront à la génération actuelle de réussir ?

Pour le découvrir, lisez la partie 2

Publié par
Bojana Jankova
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