Les 5 tendances RH qui ont marqué 2020 et celles à venir

Alors que nous approchons de la fin d’une année pour le moins complexe, quelles ont été les tendances RH fortes qui se sont distinguées ? Sont-elles amenées à durer, à s’inscrire dans le quotidien des recruteurs et DRH ? Décryptage avec Jérémy Lamri, Directeur de l’Innovation et de la Recherche au sein de JobTeaser et Fondateur du Lab RH.

Les tendances confirmées en 2020
1. Un recrutement plus souple : la remise en cause du CDI par les entreprises ?

Avec l’évocation d’un gel des recrutements dans les médias, il peut sembler paradoxal en pleine crise de voir les entreprises rechercher des profils spécifiques de manière flexible.

Pourtant, le traditionnel CDI continue d’évoluer vers d’autres formes d’emploi plus “souples”, comme le freelancing ou l’intérim, qui répondent à un besoin de transformation digitale accélérée. Un signal fort : certaines start-ups ont levé des fonds dans ce secteur cette année, comme Andjaro, un acteur de la gestion des effectifs en interne (13 millions d’euros) et qui propose des solutions de remplacement à la journée, ou à la semaine. L’intérim en ligne se développe aussi très fortement, avec des acteurs comme Badakan, pour gérer des missions de courte durée. 

Lorsque le recrutement est en berne la mobilité interne revient sur le devant de la scène

2. L’upskilling, le sujet phare des entreprises

Moins de recrutement signifie aussi une plus grande attention portée à la formation de ses collaborateurs. En effet, réfléchir au développement des compétences des salariés pour développer la compétitivité de l’entreprise est crucial en période de crise. La formation, et plus précisément l’upskilling, c’est-à-dire la montée en compétence des salariés, est un sujet urgent en 2020, et quelques pépites émergent sur le marché. My Skill Camp par exemple a levé des fonds (2 millions d’euros) cet été, ainsi que la start-up Strivr sur la formation par réalité virtuelle.

3. La mobilité interne et l’identification des compétences 

Lorsque le recrutement est en berne, la mobilité interne revient au devant de la scène. Pilier de la Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences (GPEC), elle représente un enjeu clé au sein des entreprises. Pour ce faire, la cartographie des compétences de chacun est une étape indispensable qui est complexe à maîtriser, même au sein des grands groupes. Si ce sujet est présent depuis de nombreuses années au sein des entreprises, il devient de plus en plus urgent dans une ère où un métier évolue tous les 2 à 3 ans. Les entreprises cherchent donc à développer des outils pertinents pour identifier comment leurs équipes peuvent évoluer à court et moyen terme. 

4. La dématérialisation massive

Cela fait 20 ans que les SIRH évoluent, mais la dématérialisation est devenue la norme en 2020. D’après Twilio, la crise actuelle a même accéléré la transformation digitale de 6 ans. À ce titre, la levée de fonds de l’entreprise Swile (ex-Lunchr), qui a dématérialisé la gestion des tickets restaurants, est un signe fort. D’autres entreprises de dématérialisation de la paie, comme Payfit, sont aujourd’hui en très forte croissance. Ce sujet de la dématérialisation est arrivé à pleine maturité, une très large proportion d’entreprises sont équipées aujourd’hui pour gérer les processus à distance.

Les entreprises doivent réinventer leur approche pour rester visibles

5. Réinventer sa marque employeur

Pour les entreprises, il est difficile cette année d’entrer en communication avec les jeunes talents. Les forums de recrutements classiques ayant été tous annulés, elles doivent renforcer leur présence sur les réseaux sociaux, et réinventer leur approche pour rester visibles. Nous le voyons au sein de JobTeaser, la marque employeur est un vecteur d’attractivité très fort. Cela se manifeste largement par l’explosion des forums de recrutement virtuels qui se sont multipliés. La transparence et la capacité d’une entreprise à se mettre en avant de manière authentique fait la différence. Au-delà de Glassdoor qui permet de récolter des avis sur l’expérience des salariés et candidats, l’entreprise Choose my company a également levé des fonds cette année. Elle propose notamment des classements sur les entreprises, afin d’aider chacun à faire un choix éclairé.

Trois tendances clés se dessinent en 2021

2020 signe le déclin de la notion de Chief Happiness Officer

L’engagement des collaborateurs et la gestion des risques psycho-sociaux

La crise mondiale a été un coup dur pour de nombreuses entreprises, même pour celles qui en ont bénéficié économiquement, et qui ont dû gérer une “crise de croissance.” Dans tous les cas, l’enjeu de la motivation et de l’engagement est central, tout autant que la gestion des risques psychosociaux. En effet, si les RH ont moins de possibilités d’observer les signaux faibles et d’échanger avec les salariés, ils vont devoir repenser leur dispositif à distance. 2020 signe aussi le déclin de la notion de Chief Happiness Officer, pour se recentrer sur des enjeux de motivation qui sont clés dans la mise en place d’un télétravail généralisé.  

Une formation toujours plus digitale et collaborative

La formation au sein de l’entreprise, résolument tournée vers des solutions à distance, est en train d’être entièrement repensée. En effet, si une entreprise n’est plus limitée par l’espace et la logique d’une salle, il est possible d’inviter de nouveaux contributeurs au-delà de l’entreprise afin d’enrichir chaque session. L’apprentissage se faisant aussi de manière active, de nombreuses plateformes se développent pour proposer des expériences immersives. De nouvelles dynamiques se créent en ce sens, afin d’enrichir le contenu mis à la disposition des collaborateurs.

La marque employeur “augmentée”

La fin des mesures de distanciation physique n’est pas arrivée et les entreprises ne peuvent pas se permettre de disparaître. Elles se doivent de rester attractives et présentes à l’esprit des jeunes talents, soit via des actions ciblées sur les réseaux sociaux, la publicité en ligne, mais aussi en misant sur ses collaborateurs pour en faire de vrais ambassadeurs de marque, par des logiques communautaires ou réseaux d’alumni. Cette logique est très intéressante notamment pour les établissements d’enseignement supérieurs, mais aussi pour les entreprises. 

Publié par
Noémie Baudouin
Partager

Vous souhaitez recevoir nos conseils par email ?

Abonnez-vous pour recevoir notre newsletter tous les mois

Téléchargez notre livre blanc Empowering the New Gen !

Toutes les clés pour faire de l'entreprise un lieu d'impact et d'épanouissement pour la nouvelle génération

Télécharger le livre blanc